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LA PAPAUTÉ EN CRISE |
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Dès le début du siècle la fonction de chef
de l'Eglise Universelle est remise en cause par bien des croyants.
LUTHER n'est en réalité que le porte parole de ce que beaucoup de
chrétiens pensent tout bas. La Ville de ROME est un gigantesque
lupanar où dix pour cent de la population vit de la prostitution.
Les Pape ALEXANDRE VI ou JULES II (voir pages suivantes) ne tentent
même pas de cacher leurs maîtresses ou leurs enfants illégitimes à
la vue de tous. A la Curie Romaine l'affairisme et le népotisme
règnent. Ces abus notoires n'arrêtent pas les prélats au pouvoir, ni
la répression de la contestation de s'exercer sur les prêcheurs
réclamant un retour à l'orthodoxie religieuse et à une plus grande
démocratie. Tel SAVONAROLE, qui le paye de sa vie en
1498.
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LES LEÇONS DU PASSE |
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Cette contestation ne date pourtant pas de
la Renaissance. Au Quinzième siècle déjà la révolte contre
l'autorité du Pape gronde, la hiérarchie de l'Eglise va d'errements
en errements, et il y a même jusqu'à quatre Papes vivants au même
moment: JEAN XXIII, déposé par le CONCILE DE CONSTANCE pour hérésie
(1415), MARTIN V qui est élu à sa place, GRÉGOIRE XII qui s'était à
peine démis et BENOÎT XIII qui refusait d'abdiquer la tiare. Cela
fait quelque peu désordre. Et c'est au fond grâce à un renouveau
spirituel issu des communautés monastiques que l'Eglise va une
nouvelle fois se redresser. Mais il y a entre la Foi et l'organisme
qui canalise et représente celle-ci un fossé conceptuel et matériel
sur lequel va buter la Renaissance. Ce fossé a été entretenu,
conceptualisé et souhaité par une partie de l'Eglise de France, sous
la forme d'une autonomie de décision et une reconnaissance spéciale
du rôle prééminent du Roi de France. C'est ce qu'on appelle le
GALLICANISME.
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GALLICANISME CONCILE ET DÉMOCRATIE |
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Le GALLICANISME s'appuie aussi
conceptuellement sur un courant permanent dans l'Eglise qui est
celui d'un désir profond de DÉMOCRATIE. Celle-ci se justifie au nom
d'un pouvoir supérieur au Pape lui-même, qui est celui de la FOI
collective. Historiquement, Il semble en effet qu'il faille attendre
le IXème siècle pour voir tout le pouvoir de l'Eglise se concentrer
en une seule main. Avant, chaque pays, chaque province, chaque
diocèse possède une large autonomie. Les chefs des congrégations
sont élus, les évêques nommés par le pouvoir royal, et les CONCILES
LOCAUX seuls peuvent imposer démocratiquement leurs vues. C'est la
raison pour laquelle POUVOIR CONCILIAIRE et POUVOIR PAPAL vont se
trouver parfois en opposition. Le véritable organe de décision
reconnu par tous est alors LE CONCILE ŒCUMÉNIQUE. Les Papes à tendance
autoritaire n'auront de cesse de combattre l'organisation
et la réunion de ces CONCILES qui sont par essence de potentiels
foyers de contestation de leur pouvoir. On notera au passage que
cette peur va provoquer l'ajournement du CONCILE DE TRENTE par PAUL
IV ( 1555-1559), ce qui va accélérer l'évolution du schisme
protestant. Lorsqu'il se réunira à nouveau en 1561, ce sera pour
constater la fracture, et énoncer des mesures prônant LA CONTRE REFORME. Lors de sa réouverture, les
Français vont se distinguer par une nouvelle poussée de Gallicanisme
et vont réclamer le renouvellement des décrets du concile de
CONSTANCE sur les rapports du Pape et du concile . Rappelons que
ceux ci proclamaient le concile comme seul représentant de l'Eglise
Universelle. Ils ne seront pas suivis sur ce
point.
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